BYE et Cannabis

Le constat : BYE et Cannabis

J’ai visionné le magnifique reportage BYE.  Pour commencer, Merci de nous montrer la réalité du terrain, merci d’ouvrir le débat dans notre maison qui a 3 enfants, qui seront bientôt pré-ado puis adolescents. Merci de nous montrer où sont les failles du système, et comment nous pouvons agir comme parents. Bravo de partager la tristesse pour nous sensibiliser ! Chez nous ça a full marché.

Juste après, on a vu quelques minutes d’informations. Le Télé Journal. On nous montre de magnifiques plants de cannabis, puis des feuilles séchant au grand air, et enfin on entend les politiciens se répartir les parts du gâteau.

La problématique

Moi, dans ma tête de mère, je capote. 10 $ le gramme de cannabis. Ça va être facile. Trop facile. Encore un moyen d’oublier les difficultés de la vie, et d’essayer de les enterrer. Ils le disaient dans le documentaire : les jeunes cyberdépendants veulent fuir la réalité, l’intimidation et l’isolement social.

Dans mon coeur d’infirmière aussi je capote. On commence à se préparer pour accueillir tous les dérapages qui seront liés au pot. Dois-je rappeler la pénurie et les temps d’attente aux urgences de Montréal ?

Je ne veux pas juste blâmer les politiciens ; j’aimerais trouver une solution pour mettre notre argent, celui des contribuables, à la bonne place. Et ce n’est pas dans la production de cannabis selon mon humble avis. Est-ce que je suis seule à penser qu’on se trompe en investissant dans le cannabis et pas dans la psychiatrie ? Est-ce vraiment juste l’appât du gain ?

Peut-être que trop peu de gens se soucient de leur santé ? C’est vrai que c’est difficile. Ça coute plus cher de bien manger, ça prend du courage pour s’entrainer et contrer la sédentarité, ça prend des efforts pour se sentir réellement bien dans son corps.

Proposition d’alternative

Il y a une chose qui peut aider, que ce soit pour un jeune qui a envie d’arrêter de souffrir, ou un parent qui a envie de fumer pour oublier ses problèmes économiques… c’est la relation. Apprendre à s’occuper de nos difficultés au lieu de les ignorer.

La relation à soi comme lorsqu’on prend le temps de réfléchir pour avoir si oui ou non ça nous tente de boire un autre verre, de fumer une autre cigarette ou un autre pétard. Celle qui nous permet de dire « j’en peux plus, j’ai besoin d’aide, je veux m’en sortir ».

La relation à l’autre, celle qui nourrit, qui est capable de te remonter le moral, de te faire retrouver le sourire, et même rire et tourner en dérision tes problèmes de boulot. La relation qui va te faire appeler ton ami pour jaser de tout et de rien, et finir par vider ton sac et repartir le coeur léger « de pas t’arranger tout seul« . C’est la relation qui permet de dire « ben as-tu pensé à ça ? », « oui c’est difficile par moments », « prends soin de toi »…

Ça veut dire quoi « prends soin de toi » ?

Ça veut dire écoutes. À l’intérieur. Oui, il y a la voix qui juge souvent, toi-même ou les autres. Mais, derrière, il y a la voix douce, celle qui te donne de bons conseils, celle qui te permet de faire des choix qui sont sains pour toi, surtout quand ils ne sont pas faciles. Elle t’encourage à persévérer. Cette voix, c’est toi ! C’est toute cette partie qui ne souhaite que des bonnes choses sur ton chemin, qui t’aide à lâcher-prise quand ton corps est raide de contrôle, qui t’aide à pleurer quand tu es plein de rage, qui t’aide à te faire du bien.

Prends soin de toi, ça veut dire : jase avec un ami, et puis fais le point sur tes besoins qui sont oubliés en ce moment. Tes besoins, tes valeurs, c’est ta voie, ta voix aussi. C’est de cultiver cet espace sacré que tu portes à l’intérieur, qui te permet d’être une bonne personne. Tu le mérites !

J’ai fait un mois sans alcool ni cigarette, deux fois cette année en Mai et en Novembre. Le monde autour de moi est surpris. Je n’ai pas besoin d’être alcoolique pour faire une cure, je veux juste retrouver le plaisir de faire la fête sans alcool. Le plaisir de me sentir pleinement sereine dans mon corps. Ça a réveillé beaucoup de fierté, et ça c’était bon pour moi.

Conclusion

En conclusion, je pense à une amie qui sort d’un mois de désintoxication à l’alcool, et à ce jeune dans le reportage qui sort de deux mois de désintoxication à la cyberdépendance : je les trouve courageux. Les possibilités de fuite sont si nombreuses. Mais je les trouve vraiment inspirants dans la persévérance, et dans l’amour de soi.

C’est pas donné cette persévérance, ça s’apprend. L’amour de soi aussi ça s’apprend. Parlez avec vos jeunes. Pour vrai. Soyez sensibles à vous, et ils apprendront à être sensibles à eux. Je continue de travailler ça, et je sais que ça porte des fruits. Nous les parents, sommes des semeurs. D’amour, pas de cannabis. Les récoltes sont belles parce qu’on travaille fort à être suffisamment bons. Nourrissons la confiance en famille !

Je vous souhaite de tout coeur de trouver cet espace intérieur qui est des plus précieux, et d’en prendre soin. Puissent tous les êtres être heureux !

Marie-Ange

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