Le lac

Ce matin, j’ai décidé de me pousser. De sortir de ma zone de confort. De visiter l’instant présent.

Le sens que je donnais à cette sortie, c’était de me prouver que j’étais capable (pour mon ego) et de revenir à la réalité (stopper mes peurs dramatiques). Il y avait aussi le besoin de montrer à mes enfants que je pouvais le faire (mon ego). Et à travers tout ça, le besoin de revenir à l’humilité de moi : être vulnérable. Je savais que la joie, la fierté, l’accomplissement seraient au rendez-vous.

J’ai pris mon temps pour embarquer, dans un petit kayak, le moins stable sur tout le marché. J’ai bien fait attention de ne pas tomber dans l’eau vaseuse, où les sangsues se seraient régalées. Une fois stabilisée, je ne suis pas partie tout de suite : je me tenais au quai dans une main, l’autre testait la stabilité. Je respirais. J’étais déjà vulnérable sans le savoir, parce que j’étais profondément décidée à faire cette sortie en kayak, et que je me protégeais au lieu d’être défensive et dans le contrôle de moi-même.

Au bout du lac, il y a un hydravion. C’était mon objectif physique.

J’ai pris la rame, et je suis partie. Un petit coup par un petit coup.

Lorsque l’autre embarcation m’a dépassée, je me suis sentie mal. Je ne voulais pas les suivre. J’ai donc accéléré pour être seule en avant, seule face à mes peurs, seule face à mon défi intérieur. Je ne voulais pas non plus être déstabilisée par une éclaboussure ou un coup de rame, intentionnel ou non. Je me suis protégée.

À l’aller, l’eau était tellement noire. Pas une vague, pas un clapotis. Rien que du noir dans lequel j’avançais. j’étais impressionnée, mais insensible. J’étais en contrôle de moi, comme avec des oeillères pour ne pas être perturbée dans l’atteinte de mon objectif.

Petit à petit, j’approchais de l’hydravion. J’ai décidé de ralentir, pour profiter, et calmer toutes les peurs restantes. J’ai arrêté de ramer. Le kayak continuait d’avancer, il flottait sur les nénuphars, le bruissement des feuilles sous la coque m’a fait pétiller intérieurement. Je devais maitriser mon élan de joie pour ne pas tomber dans l’eau. Je respirais. Mes épaules se détendaient. Le sourire est venu naturellement.

Mon objectif atteint, j’ai fait demi-tour. Croisé l’autre embarcation pour les laisser finir leur route. J’avais besoin d’être seule pour me concentrer sur mes sensations.

L’autre traversée, c’était une mer blanche. Le reflet des nuages cachait maintenant la couleur de l’eau. Le noir sous la blancheur. Et toujours pas un clapotis. Calme plat. Lorsque j’ai arrêté de ramer, pour ressentir, c’était vertigineux. C’est le mot qui m’est monté, tellement c’était irréel cette blancheur. Je pagayais dans les nuages !

 

Conseils pour sortir de sa zone de confort, en toute sécurité :

  • Écoutez vos peurs
  • Allez-y pareil
  • Soyez attentif à vos sens, à votre corps
  • Respirez dans le moment, respirez dans le défi que vous vous donnez la chance de faire
  • Ressentez pleinement la vie : intérieure, extérieure, et l’unicité dans ce moment
  • Prenez le temps de partager votre expérience avec une personne autour de vous

Je vous souhaite de tout coeur de saisir l’instant présent, en toute simplicité.

Puissent tous les êtres être heureux !

Marie-Ange Galy

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