Une poule sans tête

En premier lieu, je suis chanceuse. Extrêmement chanceuse, parce que je ne suis pas une poule sans tête.

Obstacle ou expérience de vie ?

Mon parcours de vie est à contre courant de la majorité autour de moi. Ayant vécu des obstacles importants à l’âge de 29-32 ans, j’ai tiré des leçons de vie à ce moment là, dont je profite des bénéfices maintenant. Pas dans 10 ans ou à la retraite, ici maintenant à vous écrire ce billet.

C’est vrai, pendant longtemps j’ai été une poule sans tête. Personnellement, ce qui me faisait avancer, ou courir, c’était le personnage. Il fallait que je garde la tête haute en tout temps, et je répondais « tout va bien » à tout le monde. J’étais en mode robot avec les enfants… Totalement déconnectée de mon corps, de mes émotions. Même aux cours de yoga, j’étais dans l’image que je projetais aux autres. Je n’avais pas les outils que j’ai développés par la suite.

En second lieu, j’ai la chance d’avoir mis des priorités pour garder la tête accrochée, harmoniser mon coeur et ma tête, ma raison et mes émotions. Je connais la joie d’aller à mon rythme, faire le tour du poulailler, faire ma part pour ma communauté sans avoir le feu aux fesses… Je suis une poule qui marche lentement, et qui regarde le paysage, sens les fleurs de ma cour et goûte aux délices des fruits d’été qui arrivent. Pour ainsi dire, c’est une bonne période pour moi. Oui, il m’arrive de me dire « mais peut-être que je devrais être une poule sans tête, comme les autres? ». Mais rapidement je reviens à mon rythme, calme et sereine, confiante. Et je ferme les yeux au cours de yoga, je me connecte en dedans.

Notre environnement, notre poulailler

Certes, la société véhicule plutôt un modèle de : travaille fort, économise pour ta retraite et offre le max à tes enfants, tu vivras plus tard… Voilà ce qu’est une poule sans tête : une poule qui court, qui ne se repose que la nuit, qui pond quelques oeufs, toujours à la même place, et qui est prise avec ses croyances : « je travaille pour payer mes factures et faire ma part dans la société, moi ! Je n’ai pas le temps de m’arrêter à profiter de la vie, c’est pas le temps de faire ça. Vite, retournons au travail ».

Enfin, j’ai pris un risque : j’ai changé de poulailler. J’ai choisi des poules qui me ressemblent : à leur rythme, connectées à leur tête et à leur coeur. Ensemble, nous formons une communauté qui nous bonifie, qui nous nourrit. Lorsqu’une poule court sans tête dans ce poulailler, c’est qu’il y a une urgence, véritable. Les autres poules vont la voir et lui demande ce qu’il se passe ou comment elles peuvent l’aider à revenir à son rythme.

Quelles sont les pistes ?

Aussi, si vous vous sentez comme une poule sans tête, voici des questions à se poser :

  • « Quel besoin tentes-tu de combler par ce comportement ?

  • Est-ce la peur ou le plaisir de te réaliser qui motive ce comportement ?

  • Quelles sont les émotions que tu ressens lors de ces comportements ?* « 

 

Quelques fois, j’entends la peur de s’arrêter. Quel conditionnement ! Mais oui, nous sommes conditionnés par notre enfance, par la société, par notre image personnelle et professionnelle… Mais, nous avons aussi une certaine liberté, encore plus au Québec… Pourquoi ne pas s’arrêter ici et maintenant ? Quel est le risque ? Le jugement des autres peut-être : ça se travaille, libères-toi de cette pression pour retrouver ta liberté, ça en vaut vraiment l’effort ! Et quel enseignement pour nos enfants qui nous voient aller ! Ils sont chanceux de voir leurs parents donner du sens à ce qu’ils font, donner du sens à ce qu’ils sont…

Bref, je vous laisse avec ça : quel genre de poule êtes-vous ? Et dans le creux de votre coeur, vous pouvez vous féliciter, parce qu’ici et maintenant vous vous donnez de l’attention, vous êtes en train de prendre du recul et de vous poser la question. Souvent c’est ça qui nous donne le feu aux fesses : le besoin de recevoir de l’attention…

Clin d’oeil au dernier billet : tout est dans l’équilibre. Aimes-toi toi-même et tu ne seras plus une poule sans tête 🙂

Quoi qu’il en soit, je vous souhaite une excellente journée/soirée -pause- Soyez présent à vous !

 

* Le courage de réussir, Les 5 leçons de vie du yogi de Wall Street, Erik GIASSON, Delbusso Editeur, 2017, page 61

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